Vieillissement du système cardiovasculaire

Vieillissement du système cardiovasculaire

Le dernier siècle a manifesté une augmentation importante de l’espérance de vie de la population, surtout dans les pays occidentaux. L’avancement thérapeutique concernant les maladies cardiovasculaires a notamment permis de diminuer la mortalité. Toutefois, cela est accompagné par d’autres angoisses :
– le vieillissement, et l’autonomie des personnes âgées en générale,
– la senescence des organes/des systèmes au niveau individuel et son influence sur la dépendance. Cet article a pour but de discuter le vieillissement du système cardiovasculaire : le cœur et les grandes artères. 

Selon la société française de la cardiologie, le vieillissement est un des facteurs de risque cardiovasculaire. Avec l’âge, des modifications structurelles et fonctionnelles progressives et importantes se produisent. Ces modifications ne touchent pas l’état cardiaque au repos chez les personnes âgées en bonne santé comme le débit cardiaque reste normal (la fréquence cardiaque et le volume d’éjection systolique restent normaux). Toutefois, les réserves fonctionnelles permettant l’adaptation à l’effort sont altérées chez les personnes âgées, car, par exemple, la capacité de l’accélération de la fréquence cardiaque devient limitée et insuffisante.

Le vieillissement chez les sujets âgées en bonne santé s’accompagne d’une fonction systolique du cœur quasi normale (à part d’une petite altération avec la fibrose). Néanmoins, les modifications structurelles du cœur avec l’âge entrainent des troubles de la relaxation et une perte progressive de la compliance myocardique. Cela débouche progressivement sur l’insuffisance cardiaque classique des sujets âgés : l’insuffisance cardiaque diastolique ou l’insuffisance cardiaque a Fraction d’éjection du ventricule gauche (FEVG) préservée. Ces modifications structurelles comprennent une perte des cardiomyocytes avec une hypertrophie compensatoire des cellules et une fibrose remplaçante.

Le vieillissement se manifeste au niveau des artères par une athérosclérose (due principalement à la rigidité artérielle avec des modifications de l’élastine, une glycation des parois artérielles, un épaississement compensateur du média avec des cellules musculaires lisses et une fibrose réparatrice). Cette athérosclérose des grosses artères est responsable d’une majoration de l’impédance artérielle elle-même responsable de l’hypertension systolique « isolée » des sujets âgés. Cette augmentation de la tension artérielle systolique entraine l’accroissement du travail du ventricule gauche en raison de l’augmentation de la surcharge myocardique gauche « after load » qui peut engendrer une hypertrophie ventriculaire gauche, et une diminution de la réserve coronaire.

Avec le vieillissement, il y a également une augmentation du taux des certains troubles du rythme cardiaque, surtout la fibrillation atriale où le risque augmente progressivement avec l’âge, et qui est associé souvent à une dilatation de l’auricule gauche (cette dernière peut être la cause ou le résultat de la fibrillation atriale). Cette arythmie expose les patients à 2 complications importantes : les accidents vasculaires cérébraux et la décompensation cardiaque.

Sur le plan des pathologies valvulaires liées au vieillissement, dans les pays occidentaux, une augmentation des valvulopathies dégénératives se produit, notamment le rétrécissement aortique qui s’accroît avec l’âge pour toucher 15 % des patients de plus de 75 ans. Aujourd’hui, grâce au remplacement valvulaire non chirurgical, le TAVI, il y a plus d’opportunités de traitement pour les personnes âgées qui ne tolèrent pas la chirurgie.   

 Après avoir énoncé les différents aspects du vieillissement cardiovasculaire, il est intéressant de souligner l’importance fondamentale de l’exercice physique pour freiner le vieillissement. Cette notion sera abordée dans un prochain article.

Cardiogeratrie

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